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Géopolitique-Géostratégie - Analyses et débats - Jean-Bernard PINATEL
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Réponses aux questions du Figaro

2 commentaires

Nous nous trompons sur la nature de la guerre qui nous est faite et la réponse que nous devons apporter doit être globale et commencer par une réévaluation de notre politique extérieure ainsi qu’un retour à l’application effective des valeurs qui fondent nos sociétés démocratiques, dévoyées par les pratiques actuelles de nos élites dirigeantes.

1) Que vous inspire la concomitance entre le défilé militaire le matin et l’attentat du soir ? Illustration de la guerre asymétrique ? Est-on préparé à cela ?

On n’est pas dans une guerre asymétrique on est dans une guerre de nature et d’inspiration religieuse : le wahhabisme qui mène une guerre civile mondiale pour l’unicité (tawhid) et contre les apostats du monde entier (les Occidentaux) et les musulmans polythéistes comme les chiites et les sunnites shirk (opposés à l’unicité, c’est à dire qui se réfèrent au prophète Mohamed au même titre qu’à Allah). Cette guerre, pour faire reconnaître que la révélation d’Allah, s’impose à tous et à toutes les autres lois se fonde sur la doctrine wahhabite. Nos responsables politiques sont des laïques et de ce fait sous-estiment totalement la dimension religieuse de cette da’wa (prosélytisme) wahhabite.
Ce n’est pas uniquement avec des forces armées que l’on vaincra le Califat d’Al-Baghadi. C’est en s’attaquant à la prédication wahhabite qu’on laisse s’exprimer dans une centaine de mosquées en France et qui réussit à convertir à ce courant réformiste et radical de l’Islam des musulmans sunnites, courant qui place le djihad comme un devoir premier.
On n’est évidemment pas prêts à cela. Car comment expliquer autrement l’erreur stratégique d’Obama et de François Hollande qui se sont lancés dans une déstabilisation du régime laïc d’Assad en Syrie, qui n’est certes pas le meilleur des chefs d’États mais qui luttait, comme le faisaient Saddam Hussein et Kadhafi en leur temps, contre ce fondamentalisme islamique et le terrorisme qu’il inspirait. Croire qu’au Moyen-Orient, où se joue depuis trois siècles une lutte religieuse sans merci entre les différents courants de l’Islam, que l’on pourrait remplacer les dictatures par des démocraties est une méconnaissance totale ou une arrogance immense. On a vu ce qui s’est passé en Égypte où, heureusement, l’armée a mis fin à l’aventure des frères musulmans qui ont le même objectif final que les djihadistes mais qui espèrent imposer l’État islamique en jouant le jeu démocratique.

2) Nombreuses sont les critiques de l’opération Sentinelle. Qu’en pensez-vous ? Cette mission appartient-elle vraiment aux compétences de l’Armée ? Concrètement, celle-ci est-elle efficace et ne soumet-elle pas les forces armées à une pression pour laquelle elle n’est pas préparée ? Que pensez-vous de l’extension de la réserve opérationnelle des Armées mener ces missions ?

L’opération sentinelle est une opération de sécurité subjective qui sert à rassurer les Français mais ne peut avoir, sauf coup de chance, d’efficacité objective car les terroristes ont le choix du lieu et du moment de l’attaque. Je fais confiance au chef d’État-major des Armées pour ne pas obérer la capacité d’action opérationnelle de nos forces en fixant un plafond non franchissable de la mise à la disposition de nos forces pour l’opération sentinelle. Les armées sont des forces de troisième catégorie et il est tout à fait légal de les utiliser en renfort des forces de police afin qu’elles puissent mieux assurer leur mission de maintien de l’ordre.

3) Les policiers présents ont tiré au pistolet sur le camion. Des armes lourdes comme des fusils d’assaut auraient-elles pu changer la donne ?

Non. Dans le cas de Nice on a négligé de couper les accès à la Promenade des Anglais par des défenses passives qui auraient pu être réalisées en barrant les rues d’accès par des autobus, des camions ou des véhicules de police. C’est ce qui est fait dans les pays où le terrorisme islamique sévit comme en Irak où l’accès aux objectifs sensibles est barré par des check points qui barrent les routes d’accès par des chicanes équipées de plots en béton.

4) Le « recul » de l’EI en Syrie et en Irak amènera-t-il Daesh à se transformer dans son mode de fonctionnement pour devenir comme Al-Qaïda, une organisation plus clandestine ? Si oui, comment répondre à cette menace future ?

La fin du califat par la prise de Mossul se fera au mieux en 2017 mais la prédication wahhabite ne s’arrêtera pas pour autant et trouvera toujours dans nos sociétés occidentales, où la perte de valeurs et de repères est immense, des jeunes pour se convertir et vouloir mourir en martyr. Le problème de nos sociétés occidentales est d’avoir oublié d’où elles venaient et croire que la laïcité et la démocratie étaient de nature à éradiquer l’extrémisme religieux. Mais cela ne serait possible que si nos sociétés et nos dirigeants étaient vertueux. Quand le coiffeur de François Hollande est payé deux à trois fois plus que les soldats et les policiers chargés de nous protéger comment voulez-vous que la jeunesse adhère à ce type de société ou, en outre, la spéculation financière est une source d’enrichissement plus rapide que la création de valeurs pour la société dans son ensemble ?

5) La société civile, bercée dans l’illusion d’une fin de l’histoire, est-elle préparée psychologiquement à ce retour de la guerre sur son propre sol ?

Non et c’est logique. Après l’effondrement de l’URSS nous avons confondu société de libertés et libéralisme et nous avons cru que s’ouvrait pour l’humanité une ère de paix à condition d’installer partout dans le monde des démocraties au besoin par la force des armes ou la corruption, comme les Américains l’ont fait dans les pays de l’Est. Mais la démocratie est une conquête des peuples que l’on ne peut imposer de l’extérieur et c’est cette méconnaissance du temps long de l’histoire et l’arrogance affichée par certaines soi-disant élites comme BHL qui nous a conduit à ces malheurs où des innocents ont payé le prix hier soir à Nice.

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL


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