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Intelligence économique : l’union sacrée

Afin de labelliser la profession, les principales associations professionnelles de l’IE se sont regroupées autour de la FÉPIE. Une première pour un secteur en quête de structuration et de reconnaissance.

Michèle ALLIOT-MARIE - Reuters

Pour beaucoup, l’intelligence économique évoque au mieux le monde du renseignement, au pire celui de la « barbouserie ». Un problème sémantique auquel les différentes associations professionnelles entendent remédier en tentant de définir les contours des métiers liés à ce secteur et dans un même mouvement de labelliser ses acteurs. Une nécessité aussi à l’heure où le gouvernement par la voix de Michèle ALLIOT-MARIE entend développer l’intelligence économique (IE) en lui fournissant un cadre juridique et réglementaire.

Mais pour ce faire, autant définir ce que recouvre la nébuleuse de l’IE. Vaste tâche à laquelle s’attelle la Fédération des professionnels de l’intelligence économique (FÉPIE). En commençant par évoquer ce qu’elle n’est pas : « la piste évoquée d’assimiler le métier de l’IE à celui de détective privé n’est plus d’actualité », rappelle Jean-Bernard PINATEL, président de la FÉPIE, pour qui le code pénal suffit amplement à border les pratiques des sociétés d’intelligence économique. « Notre objectif est de garantir les compétences et la moralité des intervenants en IE, ce qui est la condition sine qua non de la labellisation par notre fédération et surtout un gage pour les donneurs d’ordre » a -t-il expliqué lors d’une conférence de presse ce mercredi.

Pour atteindre cet objectif, la FÉPIE, SCIP France (Association de promotion de l’IE), ainsi que le GCIC (Groupement de Compétence pour l’Information et la Compétitivité) ont décidé de fédérer le secteur, en regroupant les multiples associations existantes. Une fois unie, elles tenteront alors de se mettre d’accord sur le périmètre des métiers de l’IE et sur la reconnaissance des compétences liées aux divers métiers : collecteurs, veilleurs, analyste… Dès qu’une nomenclature claire sera réalisée, la FÉPIE espère un transfert vers un organe certificateur d’un syndicat professionnel, le Syntec ou le CICF.

Toutes ces conditions remplies, l’objectif final de la FÉPIE consiste à promouvoir le partenariat public-privé (PPP) sur le marché de l’IE auprès des organismes publics et parapublics pour constituer le développement d’une offre privée professionnelle. Pour Jean-Bernard PINATEL, il y a urgence, « avec la mondialisation, les nouvelles technologies, le monde change très très vite. Les entreprises doivent connaître leur environnement pour s’y adapter et prendre les décisions en connaissance de cause. »

Sans être très précis sur le calendrier, la FÉPIE espère qu’une commission interministérielle sera mise sur pied pour activer le PPP et qu’un cadre législatif sera établi au plus tard fin 2008.

Cette gestion de l’information à but décisionnel et stratégique devient, selon la FÉPIE, une vraie fonction dans l’entreprise. Et le passage des responsables de l’IE vers des fonctions stratégiques représente pour l’association le meilleur indicateur de la vitalité de ce secteur. Un secteur qui regroupe environ 30 000 personnes pour un chiffre d’affaires évalué à 200 millions d’euros (chiffres 2005).

Fabrice FROSSARD

Date de publication : 23 avril 2008

Source : Intelligence économique : l’union sacrée


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