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« Menace russe » : on cherche midi à quatorze heures ?

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Le think tank américain Pew Research a récemment effectué un sondage sur la «menace russe» auprès des populations des pays faisant partie de l’Otan.

La question principale a été rédigée ainsi: « Si la Russie attaque l’un de vos voisins membres de l’Otan, pensez-vous que vos pays doivent utiliser la force militaire pour le défendre? ». Les résultats du sondage témoignent d’une méfiance grandissante des Européens vis-à-vis de l’Alliance. La majorité des habitants des pays de l’OTAN en Europe (52 pour cent) ne croient pas que leurs pays doivent faire la guerre à la Russie au cas où celle-là s’en prend à l’un des membres de l’Otan. Seules les populations des USA et du Canada (à 56% et 53% respectivement) sont persuadées qu’une opération militaire contre « l’agresseur russe » est nécessaire. Sans surprise, en Europe les partisans les plus acharnés de l’Otan sont les Anglais (49 %) et les Polonais (48%). Mais le couple franco-allemand se montre moins belliqueux. 53 % des Français et 58% des Allemands pensent que leurs pays ne doivent pas utiliser la force militaire pour défendre un voisin en danger. Cela contredit le majeur principe, le but même de l’Alliance qui consiste à unir les forces pour défendre ne serait-ce qu’un membre attaqué.

N’en déplaise aux Américains, l’idée même d’une éventuelle attaque russe véhiculée par la propagande outre-Atlantique semble peu crédible. Général Jean-Bernard Pinatel livre son explication dans une interview accordée à la radio Sputnik: « Pour beaucoup d’Européens qui connaissent la Russie la menace russe n’est pas crédible. En France, on sait que le général qui dirige le renseignement militaire a témoigné devant l’Assemblée nationale en disant que l’Otan a essayé de désinformer les Européens sur une « agression imminente » russe au moment de la crise avec l’Ukraine et avant les accords de Minsk-2. Heureusement, nos renseignements notamment satellites français ont démontré que c’est faux, c’était de la désinformation ». Le contre-amiral et essayiste François Jourdier, quant à lui, considère que le temps de la guerre froide est révolu. Les Européens ne considèrent plus la Russie comme une menace pareille à celle que représentait l’Union soviétique. Puisqu’aujourd’hui la Russie est un partenaire idéal de l’Europe face aux menaces réelles, telles que le terrorisme…

Les responsables russes ont à plusieurs reprises démenti la possibilité d’une attaque contre l’Otan. Mais à chaque fois que Barack Obama évoque des principales menaces mondiales, la « menace russe » se met à côté du terrorisme djihadiste et de l’Ebola, déclarations relayées par les autorités européennes. D’après les informations de l’Associated Press, les experts militaires américains vont encore plus loin en proposant d’effectuer des frappes nucléaires contre la Russie pour la punir de prétendues violations du traité de 1987 sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire et cela dans le contexte des discussions que les USA mènent avec leurs partenaires européens concernant le déploiement des armes nucléaires en Europe. Lors du Salon du Bourget-2015, la ministre de l’armée de l’air des Etats-Unis Deborah Lee James a assuré qu’il est nécessaire de déployer les avions de chasses Lockheed Martin F-22 Raptor en Europe parce que la Russie est la principale menace militaire des USA. Mais pourquoi entraîner les Européens dans leur provocation?

Selon J.-B. Pinatel, l’Otan aura de moins en moins de crédibilité car des menaces imaginaires ont pour but de convaincre la population américaine qu’il faut payer des impôts pour maintenir la suprématie militaire des USA. « Les Américains ont le budget militaire le plus important du monde, 640 milliards de dollars. Le général Eisenhower qui avait été président des USA avait dit que le complexe militaro-industriel des USA menaçait la démocratie aux USA. Aujourd’hui c’est exactement le cas, poursuit Général Pinatel. — Les Américains, pas plus que les Européens, n’ont pas envie de payer les impôts pour une menace qui n’existe pas. Toute administration américaine n’a qu’un but, c’est de créer des menaces fictives ». Le deuxième objectif, c’est d’empêcher l’union russo-européenne qui était en train de naître au cours de la dernière décennie. Le contre-amiral Jourdier le confirme: « Les USA craignent un rapprochement entre l’Europe et la Russie. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour l’empêcher. Ils voudraient aboutir à la signature du Traité transatlantique qui, j’espère, ne sera jamais signé. Si on le signe, ça fera de l’Europe un satellite des USA non seulement militaire par l’Otan mais économique par ce traité. Et ils ont indiscutablement manipulé la crise ukrainienne dès le début ».

La formulation de la question posée par Pew Research relève de l’époque de la confrontation entre les blocs soviétique et occidental. Malgré la rhétorique de la guerre froide que les USA essayent de réactiver, les Européens se montrent plus prudents et de bon sens. Les résultats du sondage font foi d’une réévaluation du rôle de l’Otan par les Européens. La moitié des pays membres de l’Alliance ne sont pas prêts à participer à ses opérations militaires. La vocation de cette structure militaire pose de plus en plus de questions. C’est un défi non seulement pour le Bloc atlantiste mais pour les leadeurs des pays européens qui essayent d’éluder les différences existant entre les pays de l’Europe.

Il ne s’agit plus de confrontation idéologique. La Russie se présente comme un partenaire fiable de l’Europe. Mais l’hystérie antirusse est un moyen de convaincre les Européens que l’existence de l’Otan est indispensable dans le monde actuel. Il s’avère que la menace venant de la Russie soit beaucoup moins réelle pour l’Europe que la menace américaine. L’Otan envisageant d’entraîner le continent européen dans plusieurs guerres, le Tafta représentant un vrai danger pour le marché de l’UE et la santé des Européens.

Victoria Issaïeva

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

Source : Sputnik France
Date de publication : 16/06/2015

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