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Rafale : Comment la France a réussi à remporter l’appel d’offres du marché indien

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Une source gouvernementale indienne a annoncé ce mardi que l’Inde a décidé d’acquérir 126 avions Rafale, offrant à Dassault à la fois un colossal appel d’offres estimé à 12 milliards de dollar (un peu plus de 9 milliards d’euros), et son premier succès à l’exportation pour cet appareil.

Toute décision de cet ordre est un choix éminemment stratégique dans lequel, outre les capacités opérationnelles, le prix et les transferts de technologie, les considérations géopolitiques et géostratégiques sont déterminantes.

Pour mémoire, le think tank Carnegie Endowment for International Peace estimait, en juin dernier, que les considérations techniques seraient déterminantes. Mais, la décision indienne prend certainement en compte les évolutions passées et à venir des rapports de force et des alliances régionales qu’il convient d’expliciter.

La stabilité de la zone Afghanistan-Pakistan (AFGPA) intéresse, outre le Pakistan, trois grands acteurs, les États-Unis et, dans son sillage, les occidentaux qui participent à l’effort de guerre, la Chine et l’Inde.

ll faut aussi toujours se rappeler que, dans le conflit qui oppose l’Inde au Pakistan, l’Afghanistan fournit la profondeur stratégique que recherchent les militaires pakistanais face à l’Inde. [1]

Dans la perspective d’un désengagement des forces occidentales d’Afghanistan, les États-Unis ont besoin de l’appui pakistanais pour que le retrait des forces de la coalition ne se traduise pas par un effondrement du pouvoir afghan qu’ils ont mis en place à Kaboul. En position de force, les Pakistanais ont demandé aux Américains, qui ont accepté, de contrebattre l’influence de l’Inde dans l’entourage du Président afghan qui n’était pas insensible à leurs avances, tout simplement pour éviter un face à face avec le puissant voisin pakistanais après le désengagement occidental.

De son coté, la Chine qui avait fait de sa neutralité dans le conflit indo-pakistanais un élément intangible de sa politique a, depuis 2009, infléchi sa position, choisissant de finaliser un partenariat stratégique avec le Pakistan, ébauché depuis le milieu des années 2000. Un double impératif stratégique a guidé la décision chinoise: la sécurisation de ses voies d’approvisionnement en pétrole et en gaz, en bâtissant une voie terrestre d’acheminement via les ports pakistanais de la Mer d’Oman, [2] et aussi, à moyen terme, à partir de l’Iran [3], sans oublier la lutte «contre les trois» [4], fléaux qui menacent le Xinjiang chinois. En effet, en 2009, Al-Qaïda, qui avait longtemps épargné la Chine, a appelé les Ouïghours du Xinjiang au Jihad (guerre sainte) contre la Chine, par la voix d’un de ses responsables, Abu Yahia Al-Libi.

Ce partenariat stratégique s’est rapidement concrétisé par l’achat de 36 chasseurs polyvalents J-10 chinois, la vente de deux centrales nucléaires et, surtout, par un abandon de la ligne de neutralité chinoise dans le conflit indo-pakistanais.

Les autorités politiques indiennes ont bien perçues d’une part la situation nouvelle créée par le retrait américain d’Irak et demain d’Afghanistan, mais aussi par la fin de la neutralité chinoise dans le conflit qui les opposent au Pakistan.

Prenant acte de cette évolution, l’Inde a commencé à en faire payer le prix aux Américains en écartant, à la surprise générale, avant le round final, le F16 américain pour équiper son armée de l’Air, et en choisissant, dans sa «short list», « l’Eurofighter européen » et le « Rafale français ».

Les capacités opérationnelles du Rafale, démontrées avec brio par nos aviateurs dans l’intervention libyenne, a certainement contribué à faire peser la balance au profit du Rafale.

Enfin, ce succès est à mettre au crédit du Président et de son gouvernement qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les autorités indiennes.

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL

[1] La largeur du territoire Pakistanais face à l’Inde est comprise entre 250 et 500km.

[2] Ce qui lui permet d’éviter le détroit de Malacca.

[3] Ce qui lui permettrait d’éviter aussi le détroit d’Ormuz.

[4] Terrorisme, extrémisme, séparatisme.

Autres sources : Atlantico

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