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La Chine derrière la mort de Ben Laden ?

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Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard PINATEL est un expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique. Il est l’auteur de «Russie, Alliance vitale» , paru dernièrement aux éditions Choiseul.

A quel prix les Pakistanais ont-ils livré Ben Laden aux Américains ? Il est vraisemblablement impossible que les services secrets pakistanais n’aient pas été au courant de la présence du leader d’Al-Qaeda, sur leur territoire. Le tout est de savoir quels ont été les enjeux, sur l’échiquier diplomatique, entre les États-Unis, le Pakistan et la Chine, de l’arrestation du chef terroriste.
Mort de Ben Laden

« Une explication géopolitique probablement aussi inexacte que l’histoire officielle de la mort de Ben Laden ». Plutôt que de répondre à la question « Comment les États-Unis ont-ils réussi à localiser puis à tuer Ben Laden ? », j’ai envie de poser celle-ci : «Pourquoi les Pakistanais auraient-ils pu lâcher Ben Laden ?» Et d’essayer d’y répondre en me plaçant sur un plan géopolitique.

En effet, pas un commentateur sérieux n’imagine, qu’à moins de 1000 mètres du «Saint-Cyr pakistanais», Ben Laden ait pu se cacher pendant plusieurs années sans être repéré par les services de sécurité pakistanais. De plus, la participation de militaires pakistanais parlant le pachtoum en couverture de l’assaut des Navy Seals semble être établie. Ils étaient probablement chargés de maintenir chez eux les voisins et d’intercepter des forces de sécurité locales non prévenues et qui malencontreusement auraient pu intervenir trop rapidement.

La stabilité de la zone Afghanistan-Pakistan (AFGPA) intéresse outre le Pakistan trois grands acteurs, les États-Unis et dans son sillage les occidentaux qui participent à l’effort de guerre, la Chine et l’Inde. ll faut aussi toujours se rappeler que dans le conflit qui oppose l’Inde au Pakistan, pour les stratèges pakistanais, l’Afghanistan doit fournir à l’Inde la profondeur stratégique qui lui fait défaut [1]La largeur du territoire pakistanais face à l’Inde est comprise entre 250 et 500km.. Dans la perspective d’un désengagement des forces occidentales d’Afghanistan, Islamabad ne peut accepter la perspective d’un effondrement du pouvoir actuel Afghan et d’un éclatement de fait de l’Afghanistan en plusieurs régions fondées sur une base ethnique et dont le contrôle pourrait en partie leur échapper. Le pouvoir pakistanais, dans lequel les militaires jouent un rôle capital, veut pouvoir se poser en médiateur entre le gouvernement afghan actuel et les Talibans, que ses services ont infiltrés de longue date et dont ils se sont assuré le contrôle de certains de leurs chefs. Pour ce faire, il faut écarter la minorité qui reste attachée au Djihad international dont l’idéologie était incarnée par Ben Laden.

Les pakistanais n’ont pas « donné » le leader d’Al-Qaïda sans contreparties

Cette vision est partagée par la Chine qui, depuis 2009, a rendu effectif le partenariat stratégique avec le Pakistan, ébauché depuis le milieu des années 2000. Un double impératif stratégique a guidé la décision chinoise : la sécurisation de ses voies d’approvisionnement en pétrole et en gaz en bâtissant une voie terrestre d’acheminement via les ports pakistanais de la Mer d’Oman [2]Ce qui lui permet d’éviter le détroit de Malacca. et aussi, à moyen terme, à partir de l’Iran [3]Ce qui lui permettrait d’éviter aussi le détroit d’Ormuz. et la lutte « contre les trois » [4]Terrorisme, extrémisme, séparatisme., fléaux qui menacent le Xinjiang chinois. En effet, en 2009, Al-Qaïda, qui avait longtemps épargné la Chine, a appelé les Ouïghours du Xinjiang au Jihad contre la Chine par la voix d’un de ses responsables, Abu Yahia Al-Libi.

Ce partenariat stratégique s’est rapidement concrétisé par l’achat de 36 chasseurs polyvalents J-10 chinois, la vente de deux centrales nucléaires et surtout par un abandon de la ligne de neutralité chinoise dans le conflit indo pakistanais. Ce changement s’est traduit par plusieurs actes politiques, souvent passés inaperçus en occident, mais qui sont extrêmement significatifs pour les deux parties [5]Refus de Pékin de souligner la responsabilité du Pakistan dans le déclenchement du conflit du Kargil en 1999; visas accordés aux résidents du Jammu et du Cachemire sur des feuilles volantes et non pas sur leur passeport indien, refus d’un visa au Général Jaswal, commandant en chef des forces indiennes, etc.. Tous ces faits géopolitiques montrent que désormais le Pakistan a tout intérêt à débarrasser les Talibans de leur minorité djihadiste dont Ben Laden était l’icône.

Je me permets en conclusion un peu de politique fiction…

Cette décision, une fois prise et partagée par les militaires qui protégeaient Ben Laden, il est vraisemblable que les pakistanais n’ont pas « donné » le leader d’Al-Qaïda sans contreparties. J’en vois une, c’est la promesse des Américains de tout faire pour écarter l’Inde de la reconstruction de l’Afghanistan et de contrebattre son influence dans l’entourage du président afghan qui ne serait pas insensible à leurs avances, tout simplement pour éviter un face à face avec leur puissant voisin après le désengagement occidental. Il est aussi probable que l’Inde ait perçu clairement cette manœuvre et ait commencé à en faire payer le prix aux Américains en ne choisissant pour équiper son armée de l’Air, dans sa « short list », que « l’Eurofighter européen » et le « Rafale français » et en écartant, à la surprise générale, avant le round final, le F 16 américain. Le malheur des uns fait le bonheur des autres même dans les hautes sphères de la géopolitique.

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL

[1] La largeur du territoire pakistanais face à l’Inde est comprise entre 250 et 500km.

[2] Ce qui lui permet d’éviter le détroit de Malacca.

[3] Ce qui lui permettrait d’éviter aussi le détroit d’Ormuz.

[4] Terrorisme, extrémisme, séparatisme.

[5] Refus de Pékin de souligner la responsabilité du Pakistan dans le déclenchement du conflit du Kargil en 1999; visas accordés aux résidents du Jammu et du Cachemire sur des feuilles volantes et non pas sur leur passeport indien, refus d’un visa au Général Jaswal, commandant en chef des forces indiennes, etc.

Autres sources : La Chine derrière la mort de Ben Laden ?

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