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Évaluation de la situation politique et sécuritaire de l’Irak

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05 janvier 2015

L’Irak n’arrive pas à mobiliser toutes ses forces pour combattre Daech. Le nouveau premier Ministre Irakien Hayder Al Abadi, sapé dans son action par les actions souterraines d’Al Maliki, s’avère incapable de définir et de mettre en œuvre une politique d’unité nationale, en particulier vis-à-vis des tribus sunnites. Il est ainsi confronté à la volonté de Washington d’intensifier la guerre contre Daech en créant une armée sunnite et à la résurgence d’un désir d’autonomie des provinces du Sud où se trouvent 80% des ressources pétrolières du Pays. Il est peu probable qu’un état irakien centralisé survivra à cette guerre contre Daech.

Situation politique

En décembre, le premier ministre irakien Hayder Al Abadi a poursuivi ses tentatives pour faire sortir le pays de la situation de guerre civile dans laquelle Al Maliki l’a enfoncée par sa politique sectaire. Mais la plupart de ses actions ont été entravées par les fidèles de l’ancien gouvernement d’Al Maliki qui sont encore aux commandes. C’est le cas notamment de sa tentative de former une Garde Républicaine, exigée par les Américains. Lors de sa visite à Bagdad en décembre, le secrétaire d’Etat américain à la défense, Chuck Hagel, a insisté fortement sur la nécessité d’une réconciliation nationale avec la communauté sunnite. A son retour aux Etats-Unis, des membres de la délégation ont estimé que le premier ministre irakien Al Abadi ne faisait pas tous les efforts nécessaires pour regagner la confiance des tribus sunnites et mettre sur pied une nouvelle force sunnite de Sahwa. Les mêmes sources ont révélé que la Maison Blanche était aussi mécontente de l’obstination d’Al Abadi à ne pas accepter l’envoi en Irak de nouveaux soldats américains ce qui éloigne l’issue des combats contre Daech.
Face aux pressions américaines, le gouvernement irakien n’a donné qu’un accord verbal à cette initiative mais rien de concret n’a été mis en œuvre car de nombreux responsables politiques et militaires sont opposés à cette création. Ils pensent que les forces de sécurité irakiennes et milices chiites sont capables seules de reconquérir le terrain perdu et qu’une garde nationale intégrant les sunnites créerait une nouvelle force « Peshmergas » mettant en cause l’unité du pays. Les américains, au contraire, estiment que sans l’aide des tribus sunnites la guerre contre Daech sera longue et difficile.

Face aux atermoiements de Bagdad, comme avant 2011 lorsqu’ils contrôlaient le pays, les américains ont décidé d’agir unilatéralement. A cet effet, une réunion a été tenue entre une délégation militaire américaine et des chefs tribaux et politiques sunnites dans une base militaire située dans les alentours de Mossoul. Les deux parties ont étudié les modalités de l’aide américaine aux tribus arabes sunnites dans leur lutte contre Daech et dans la formation de leur propre armée. Les américains ont choisi le général à la retraite de l’ancienne armée irakienne, Khalid Al Hamdani comme chef de cette armée. Selon eux, il jouierait d’un certain charisme auprès des populations de Mossoul. Confirmant ce choix, Khalid Al Hamdani a qualifié la réunion de Mossoul, où il était présent, de très positive et a confirmé qu’il avait donné son accord pour diriger une armée sunnite. Les participants américains ont affirmé qu’ils enverraient bientôt des armes et des équipements militaires au général Al Hamdani. Selon nos informations, Al Hamdani disposerait dans un camp proche de Mossoul de 6000 volontaires et 250 membres de la force d’intervention rapide de la police fédérale irakienne, SWAT. Les conseillers américains [1] s’y trouveraient déjà en force et entraineraient les hommes d’Al Hamdani aux combats de rue. Des premières livraisons d’armes américaines [2] auraient été acheminées dans cette base à partir de l’aéroport d’Erbil.

Au Sud, Al Abadi est confronté à la volonté de plusieurs responsables du gouvernement de Bassora à ériger leur gouvernorat en province autonome à l’image du Kurdistan. A cet effet, le 4 décembre, l’ancien député Wail Abdul Latif a lancé une campagne de collecte de signatures pour atteindre les 2% du corps électoral de Bassora qui permettrait d’adresser une demande à la Haute Commission Electorale Indépendante pour organiser un référendum dans un délai d’un mois, selon la loi n° 13 de 2008. Le président du conseil municipal de Bassora, Sabah Hassan Al Bazouni, a indiqué que la décision de création de la province autonome de Bassora revient aux habitants de Bassora, et permettra à Bassora de s’opposer à « l’insupportable politique de marginalisation et d’exclusion, suivie par le gouvernement de Bagdad ».

La guerre contre Daech

Avec l’appui des frappes aériennes de la coalition, les forces de sécurité et les milices irakiennes ainsi que les Peshmergas ont consolidé leurs positions et ont mené des offensives limitées mais réussies. Daech a subi des revers et des pertes importantes sur les limites Nord, Est et Sud de son avancée en territoire Irakien comme le montre le croquis ci-dessous.

Irak 05-01-2015

Le mois de décembre a vu une diminution importante du nombre de morts par attentat. Ceux-ci se concentrent dans les 5 gouvernorats occupés en tout ou partie par Daech et à Bagdad.

Ainsi à Al Anbar on dénombre 143 morts contre 190 en novembre; à Salah Ad Dein, 94 morts contre 115 ; à Diyala, 51 morts contre 90 ; à Kirkuk 50 morts comme en Novembre. Bagdad a connu de son côté une trentaine d’attentats au lieu de 40 qui ont fait 99 morts (dont celui du Kamikaze devant une caserne qui a causé 51 morts) contre 130 morts en novembre. Gouvernorat de Niveneh (chiffres non parvenus).

Dans les douze autres gouvernorats du Nord et du Sud, la situation est calme et la sécurité est assurée.

[1] Les responsables officiels américains nient cette présence de leurs conseillers militaires dans le camp.

[2] Les sources sunnites parlent de de 30 mitrailleuses lourdes et 2000 Kalachnikov et en attendent d’autres avant le lancement de l’offensive sur Mossoul.

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