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La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques : une fausse affirmation ?

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Le journal Le Monde titrait en première page de son édition du mercredi 13 juillet : « La France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions politiques ».

Cette affirmation est discutable si l’on regarde les forces militaires mises sur pied au regard des besoins opérationnels actuels. Elle est fausse si l’on compare les moyens financiers investis par la France pour sa Défense, soit un budget annuel de 66 milliards de dollars qui nous place dans le top 5 mondial.

Que se passe-t-il donc dans la boite noire (Armées, DGA, Industries de Défense) qui reçoit des inputs financiers importants et fournit des outputs insuffisants en matière de capacités militaires face aux besoins réels du moment ? Répondre à cette question c’est analyser la chaine des décisions qui partant de la définition des menaces à l’expression des besoins militaires passe par le lancement des projets de développement des systèmes d’armes, pour aboutir à la mise sur pied et au maintien opérationnel des forces.

C’est à ce débat et à cette analyse qu’il faut s’attacher avant de demander à la Nation des efforts financiers supplémentaires. Depuis que je m’intéresse à ces questions [1] jamais une évaluation prospective des menaces n’a été réalisée en indépendance totale avec les lobbyistes des industries d’armement qui sont présents au sein même des partis politiques. Il en découle bien souvent le lancement de programmes inadaptés aux menaces réelles ou à notre stratégie de Défense.

Ce serait le cas, s’il était adopté, du système de Défense anti-missiles que les américains nous poussent à déployer et qui couterait, selon une estimation provisoire, probablement sous-évaluée à dessein, plusieurs milliards d’euros à la France. Ce système, sur le plan de la théorie stratégique, affaiblirait notre dissuasion, sur un plan opérationnel ne servirait à rien face aux menaces actuelles et serait probablement inefficace face à la menace potentielle qu’il est chargé de contrer : un missile lancé par un État voyou. Aucun spécialiste sérieux ne croit qu’il assurerait un taux d’interception proche de 100%. L’expérience du système Patriot, déployé lors de la guerre du Golfe, montre que l’on en est loin. Autre exemple : on peut se demander si une partie des sommes dépensées à la modernisation de notre force de dissuasion nucléaire n’aurait pas mieux été investie dans le développement d’un système français de drones dont les opérations en Afghanistan et en Libye ont démontré l’utilité.

La cause première de cette perte en ligne est à rechercher dans le  manque d’investissement sur les questions de Défense des responsables politiques de droite ou de gauche quand ils sont dans l’opposition. Quand ils arrivent au pouvoir, sans bagage militaire suffisant, ils sont prisonniers des choix biaisés que leur présentent les commissions et groupes de travail réunis à cet effet. Incapables de concevoir et d’imposer les choix drastiques qui s’imposent, les gestionnaires des budgets de la Défense sont condamnés à faire de l’échenillage. Le résultat est toujours le même depuis le départ du Général de Gaulle. A force de couper un peu partout, il manque un peu de tout. Cela est vrai pour les forces qui sont mises sur pied et qui répondent aux besoins réels mais aussi pour celles inscrites dans la programmation militaire pour satisfaire les lobbies. Et une fois de plus c’est aux chefs militaires sur le terrain de faire avec… et, pour l’honneur des armes de la France, ils y réussissent souvent. C’est ce qui explique le mauvais moral  permanent des personnels de l’administration centrale et au contraire le moral excellent des forces combattantes.

Général (2S) Jean-Bernard PINATEL

[1] 1973 – Ma thèse, soutenue à l’UER de Sciences politiques de Paris 1, était consacrée à : « Les effets de la politique et des dépenses militaires sur la croissance économique (le cas français : 1945-1973) », à la suite de la quelle j’ai publié, en 1976, deux livres : l’un consacré à l’évolution des menaces : « La guerre civile mondiale », Calmann-Lévy et l’autre : « L’économie des forces », Fondation pour les études de Défense, qui traitait de la cohérence dans les choix des systèmes d’armes.

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